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Je suis femme.
Je suis photographe.

Mon apprentissage et ma construction en tant qu’individu se sont fait – malgré moi – principalement au travers du regard que les hommes portent sur notre monde. J’ai grandi avec le regard que les hommes portent sur les corps, sur la nature, le paysage, l’histoire, l’art, la culture, la politique, l’éducation, la mode, la religion, etc. Leurs regards remplissent presque majoritairement ma bibliothèque. Je ne nie pas leur talent, il est présent. Cependant je m’interroge, pourquoi les femmes sont-elles absentes ? 

« Qui a peur des femmes photographes ? » *

La conscience d’un manque de regardS a émergé progressivement dans mon travail et y occupe désormais une place importante. Que faire de ce constat ? Nous vivons immergés dans un flux permanent, omniprésent, et exponentiel d’images, pourquoi en rajouter ? Quel est notre rôle à jouer et quelle est notre responsabilité en tant qu’artiste ?

Quel est mon rôle et ma responsabilité en tant que femme-photographe ?

Peut-être tout d’abord m’approprié mon propre regard.
Puis, peut-être donner à voir au-delà du regard, au-delà des yeux.
Accueillir les images latentes qui vivent en nous et autour de nous.
Montrer l’invisible, le sensible, l’hyper-sensible.


* Titre de l’exposition présentée par les musées d’Orsay et de l’Orangerie à Paris du 14 octobre 2015 au 24 janvier 2016, commissariat général par Ulrich Pohlmann (directeur de la collection photographique du Münchner Stadtmuseum de Munich), commissariat scientifique par Marie Robert (conservatrice photographie au musée d'Orsay) et Thomas Galifot (conservateur photographie au musée d'Orsay).